Lorsqu’on sort la tête du guidon, qu’on quitte le train train quotidien, il se passe parfois un étrange phénomène : on cesse de se voiler la face ! Peut être est-ce ce dont tu fais l’expérience en ce moment : tu te dis qu’il va VRAIMENT falloir qu’il se passe quelque chose, que tu ne pourras pas continuer indéfiniment dans ce poste actuel, cette entreprise, ce rythme de vie…  Une fois que l’on s’est avoué cela, le processus de transition est lancé …. Dans cet article, je te présente la typologie des intérêts de Holland (un psy américain) et je te montre à travers l’étude de cas de Mathilde, comment connaître les trois verbes correspondant à ses intérêts principaux permet de comprendre le sens de sa quête professionnelle.

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En quoi les intérêts peuvent-ils t’aider à faire un choix de carrière ?

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Nous avons (presque) tous déjà fait des choix de filière, d’option ou d’emploi sur la base de notre personnalité et de nos intérêts.

Était-ce une gageure ? Et bien non !

Le psychologue américain John L. Holland a démontré dans les années 60, que notre personnalité influence nos intérêts et qu’il y a un lien direct entre nos intérêts et nos aptitudes. Plus on s’intéresse à un domaine et plus on sera motivé pour étudier, acquérir des compétences et des expériences dans le dit domaine. Ce lien (que l’on fait tous plus ou moins intuitivement) semble assez évident, n’est-ce pas ? Et bien, ce scientifique l’a validé. Il est même allé plus loin et a mis au point une typologie en 6 grands domaines d’intérêts, qu’il a nommée “RIASEC”. J’ai envie de te la présenter aujourd’hui :

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Si tu te trouves à la croisée des chemins, que tu ressens le besoin de faire autre chose professionnellement, mais que tu es indécis.e, pourquoi ne pas revenir à tes intérêts pour t’aider à prendre une décision ?

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On peut définir un intérêt comme un attrait, une curiosité ou même une sensation de plaisir à réaliser une tâche, à être en contact avec un certain type d’éléments (donnée, personne, idée ou objet). La typologie RIASEC permet de catégoriser ses intérêts. La voici :

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Es-tu plutôt réaliste, investigateur, artiste, social, entreprenant ou bien encore conventionnel ?

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Aujourd’hui, pour les chercheurs de sens que nous sommes, nous pouvons même ajouter Z pour “Éveilleur” : sens critique, tourné vers les causes justes, les idéalistes.

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La théorie de Holland postule aussi que plus deux domaines sont proches (sur l’hexagone), plus ils ont des affinités. Par exemple, les intérêts de type “Entreprenant” et de type “Social” sont tous deux tournés vers les autres. L’un dans le but de convaincre et motiver (« Entreprenant »), l’autre dans le but d’aider et soigner (« Social »). Plus les intérêts sont opposés et plus ils seront difficiles à concilier, par exemple le domaine “Conventionnel” (ordre, respect des procédures, etc…) et le domaine “Artistique” (expression de soi, imagination, …). D’ailleurs, les profils avec des domaines strictement opposés sont moins fréquents (mais existent quand même). Il sera peut-être moins aisé de trouver un job qui, à la fois, te demande de travailler avec des données, mais également d’être créatif. Évidemment, je caricature. Dans les faits, ces profils existent (et heureusement) et il est tout-à-fait possible d’avoir une carrière épanouissante !

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Généralement, un profil s’exprime à l’aide d’un trigramme (3 lettres) représentant le domaine d’intérêt dominant et les domaines complémentaires. Chaque domaine correspond à des activités professionnelles, des secteurs d’activités, à des aptitudes potentielles, et même à des valeurs.

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DESCRIPTION DES DOMAINES :

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Pourquoi connaître ton profil va t’aider à avancer ?

Une fois que l’on a déterminé son profil, on peut cerner avec précision quelles sont ses motivations, ses forces, le type d’éléments (objet, idée, personne et/ou donnée) avec lesquels on préfère travailler et les environnements dans lesquels on se sent le plus à l’aise.

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Je trouve cette typologie intéressante. Pourquoi ? Bien sûr, une typologie restreint, “met dans des cases” entre guillemets, mais cela présente à mon sens deux énormes avantages :

  • Le premier, c’est d’aider à mettre de l’ordre dans la profusion parfois chaotique et contradictoire de ses pensées ou sensations à propos de ce qu’on aime / n’aime pas faire. Mettre de l’ordre permet de simplifier et du coup, d’être en mesure de faire des choix “conscients”.
  • Le second, c’est que l’on peut tout aussi bien “codifier” des métiers ou des formations. Ce qui permet ensuite de mettre en correspondance un profil RIASEC avec un métier ou une formation … C’est donc bien utile si l’on souhaite explorer les métiers ou les formations qui pourraient “matcher” avec son profil !

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Comment connaître son profil RIASEC ?

Il existe différentes évaluations, celles que je propose dans mes accompagnements sont le STRONG® et l’IRMR.

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Comment cela se passe-t-il ?  

On remplit un questionnaire en ligne (cela prend entre 20 et 40 minutes). Les résultats sont ensuite analysés et comparés à un échantillon représentatif (hommes ou femmes ; étudiants ou actifs). On obtient alors un score RIASEC validé scientifiquement.

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Pourquoi comparer à un échantillon représentatif ? :

Pour avoir des données objectives ! Il est tout-à-fait possible que, de façon relative, tu t’intéresses plus aux activités de type « Social » que celles de type « Artistique » par exemple, mais cela ne signifie pas que, par rapport à la population de référence (hommes ou femmes ; étudiants ou actifs), tu t’y intéresses significativement plus … Toujours utile d’avoir cette dimension en tête afin de mettre les choses en perspective

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Pourquoi s’appuyer sur des outils validés scientifiquement :

Tout simplement car il y a des évidences qui n’en sont pas… La démarche scientifique adoptée dans le champ de la psychologie a permis de prouver que le fait de mettre en rapport “intérêt” et “compétences” avait du sens du point de vue du fonctionnement psychologique. Sur cette base-là, des outils de mesure ont été conçus (comme le STRONG®), qui explorent ce qu’ils sont censés explorer avec fiabilité. On est très très loin des questionnaires que l’on peut trouver sur internet ou dans les magazines, qui eux, ne s’appuient pas sur une démarche scientifique de validation.

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À quoi est-ce que tu peux t’attendre ?

L’essentiel, bien sûr, ne réside pas dans les résultats en tant que tels, mais bien dans la discussion autour de ces derniers que tu pourras avoir avec un professionnel de l’orientation. C’est lors de cet effet “miroir” avec les résultats que des prises de conscience sur ce que tu aimes réellement faire, sur le sens que tu aimerais intérieurement donner à ta carrière et dans quel(s) contexte(s) tu as envie de travailler peuvent se produire.

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Voici la structure des résultats du STRONG® :  

Première partie :  Le profil RIASEC global : On se trouve là au niveau de la personnalité :

Qu’est-ce qui me motive de façon générale ?  Pourquoi est-ce que je me lève le matin ? Quel est mon moteur ?

Ici, par exemple, on a quelqu’un qui apprécie prendre des risques, qui est tourné vers l’action, il a peut-être des aptitudes à motiver et à diriger. Ce qu’il recherche ce sont les résultats concrets. Il apprécie également la précision, l’efficacité, travailler avec les chiffres et analyser des données. Dans une moindre mesure, il est probable qu’il aime également apprendre de nouvelles choses et comprendre son environnement. L’entretien va permettre de valider ces points ou de les nuancer.

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Généralement, un domaine représentera le but ultime, la “quête professionnelle” et les deux autres, plutôt des moyens d’y parvenir, des aides. Dans ce cas précis, on peut dire que cette personne recherche les résultats concrets par l’analyse et la compréhension du monde.

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Deuxième partie :  Dans cette deuxième partie, on plonge un peu plus dans le détail et l’on découvre dans quels secteurs, cette personne va le mieux exprimer son profil RIASEC “ECI” (Entreprenant – Conventionnel et Investigateur ). C’est à partir de là que l’on va pouvoir émettre des hypothèses de pistes à explorer (qui seront précisées avec la troisième partie).

On voit par exemple, que dans le domaine “Entreprenant”, c’est plus la vente que la prise de parole en public qui intéresse cette personne. Les 3 premiers secteurs d’intérêts (vente, arts culinaires et science) laissent présager qu’elle pourrait, par exemple, apprécier de gérer un point de vente dans le domaine culinaire (commerce de vin (œnologie), thé, …).

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Troisième partie : Enfin l’évaluation propose des données sur la similarité du profil de réponses avec plus de 250 métiers possibles …  On observe, en l’occurrence, que le profil de réponse de la personne est très similaire avec celui de personnes exerçant le métier de “restaurateur” (on retrouve donc bien le domaine culinaire). Il y a donc de fortes probabilités pour qu’elle apprécie ce métier. De quoi ouvrir ses horizons !

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Étude de cas

Mathilde* est une jeune femme de 28 ans, actuellement consultante dans une société de conseil en management qu’elle a intégrée quelque temps après la fin de ses études en école de commerce. Elle explique en entretien qu’à la signature de son contrat, elle savait, au fond d’elle, que ce n’était pas vraiment ce qu’elle souhaitait. Mais à l’époque, elle s’était convaincue en se disant que ce serait une suite cohérente à son parcours et qu’elle apprendrait sûrement beaucoup. De plus, elle a le goût du changement et le fait de travailler avec différents clients lui plaisait. Elle s’était dit aussi qu’elle pourrait voyager grâce à son travail.

Mathilde a toujours été ce qu’on appelle une “bonne élève” et elle ne s’est jamais vraiment posé la question de ce qu’elle souhaitait “faire dans la vie”. Elle a suivi la voie classique des bons élèves. Cela fait donc trois ans qu’elle a intégré ce grand groupe. Depuis plusieurs mois maintenant, elle ressent une certaine lassitude et une panne de motivation grandissante. Elle se demande régulièrement si son métier a du sens et elle a de plus en plus de mal à comprendre certaines pratiques en entreprise. Elle s’est d’abord dit que cela passerait, mais elle remarque que cela revient … Par vague. Elle explique qu’elle ne se voit pas rester dans cette entreprise, qu’elle n’est pas attirée par le job de son boss, mais elle n’a aucune idée de ce qu’elle pourrait, ni même, voudrait faire à la place.

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Sa demande est donc une aide à la définition d’un nouveau projet professionnel.

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Au niveau du profil global :

Le profil RIASEC de Mathilde est SEA. C’est-à-dire Social, Entreprenant et Artistique. Son profil est assez “net”, sans équivoque. On peut d’ores et déjà remarquer que son premier choix de carrière (consultant en management : profil Social – Artistique – Conventionnel ) n’est pas exactement cohérent avec son profil d’intérêts.

Elle aime aider les autres, rendre service, se sentir utile.

Elle aime aussi convaincre, a le goût des contacts humains et a de grandes capacités d’expression orale.

Elle apprécie aussi la culture, adore flâner dans les musées, aller à des concerts et, même écrire des poèmes à ses heures perdues.

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Au niveau des secteurs d’intérêt :

Son profil est beaucoup plus orienté “sciences sociales” et “éducation/formation” que “ressources humaines et formation” alors que tout son début de carrière a concerné des projets de restructuration de process RH. Le pôle “Entreprenant” est nettement élevé, mais révèle surtout un goût pour l’entrepreneuriat et le marketing plus que pour le côté “direction/management”. Les secteurs du pôle “artistique” révèlent principalement un intérêt pour la communication et les médias. Le secteur professionnel “recherche” (qui correspond au pôle “Investigateur”) est beaucoup plus élevé que ce à quoi l’on aurait pu s’attendre, indiquant une appétence pour l’analyse des données et la conceptualisation. Ressort aussi un intérêt pour la programmation et les systèmes informatiques.

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Au niveau de la similarité de son profil avec des métiers :

Le profil “AES” se confirme, dans cet ordre. Par contre, nous retrouvons, à nouveau, une moindre adéquation avec les métiers dits “investigateur” (chercheur, professeur de sciences …). Peut-être que Mathilde aime conceptualiser, mais elle ne serait pas forcément à l’aise dans le métier de chercheur, trop académique et venant en contradiction avec son pôle dominant “artistique”.  Les domaines de l’éducation et du journalisme ressortent de manière très positive. Les métiers de la santé ressortent en revanche assez bas.

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Sur quels postes pourrait se focaliser Mathilde ?

Mathilde pourrait ouvrir à d’autres domaines que le conseil RH, car elle a peu d’intérêt pour ce domaine en lui-même, en revanche, elle a une bonne connaissance du monde du travail et des entreprises, ce qui pourrait être intéressant, par exemple, pour travailler comme chargée des partenariats écoles/entreprises au sein d’un service RH ou de conseiller pédagogique dans une grande école.

Elle pourrait également envisager une reconversion dans le journalisme / la communication et travailler à la diffusion des nouvelles pédagogies bienveillantes et positives.

L’implication dans des start-ups innovantes (dans le domaine de l’éducation, de l’orientation)  ou dans l’économie sociale et solidaire, sur un poste de responsable, serait également bien adaptée.

Comme on peut le voir, autant certains postes demanderaient à Mathilde de reprendre, pendant quelques mois, une formation complémentaire, autant d’autres, peuvent très bien être appréhendés directement.

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En quoi cela a t-il aidé Mathilde ?

Cette exploration de ses intérêts a eu, pour Mathilde, l’effet de ponctuer le ressac intérieur qu’elle entretenait sur ses choix de carrière depuis plusieurs mois et lui a permis d’avancer. Elle a pu clarifier quel était le “triptyque” de ses intérêts (aider, convaincre et créer) et comprendre leur importance les uns par rapport aux autres. Elle a également pu spécifier dans quels secteurs, elle pouvait le mieux exprimer son potentiel (éducation, entrepreneuriat et médias et communication). Enfin, les informations sur la similarité de son profil de réponses avec des métiers lui ont permis d’abandonner certaines pistes sur lesquelles elle projetait finalement des représentations erronées.

Mathilde a choisi de se lancer dans l’aventure des start-ups en rejoignant deux dynamiques co-fondateurs d’une plateforme de e-learning en tant que chargée du marketing digital. Pour que son projet aboutisse, nous avons travaillé ensemble sur les différentes étapes à mettre en place : formation personnelle en growth-hacking, développement de son réseau professionnel, pitch sur ses aspirations et ses compétences, etc… Elle est consciente que cette expérience est une étape supplémentaire dans la recherche de son “Ikigaï” ( “raison d’être professionnelle”) et que grâce à cela, elle s’en rapproche petit-à-petit en développant de nouvelles compétences et en élargissant sa vision du monde.

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* : Le prénom a été modifié.

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